Je prenais souvent ce petit chemin pour rentrer chez moi.
Il était beau,baigné de lumière et parsemé d'arbres.
Tu t'en souviens,au moins,de ces moments que l'on a passé ensemble
A marcher dans les feuilles mortes,main dans la main?
Je ne pense pas.
En même temps,je te comprends.
C'est si lointain...si incertain...si brumeux.
Le matin,quand je venais me détendre entre les arbres,
Je voyais toute cette brume m'entourer,me réchauffer l'âme
Je sentais la rosée se perdre dans la verdure.
Certains midis,je prenais mon assiette et m'asseyait sur un arbre,coupé la veille.
Je mâchais les restes de mon omelette,maintenant infestés de moustiques et autres volatiles.
Desfois,même,tu apparaissais devant moi,
Me regardant avec tes yeux vairons.
L'un vert comme les chênes.
L'autre bleu comme le ciel.
La nuit,je pleurais.
Je courrais,ne tentant pas de sécher ces perles.
Le ciel était noir,comme mon coeur ce soir.
Je crois bien qu'il n'y avait pas d'étoiles,juste des nuages.
J'avais dû voir de la neige,ou de la pluie,je ne sais plus.
Tout ce dont je me souvient,c'est de ta bouche prononcant ces mots.
"Rentre chez toi."
Et à chaque fois,peu importe quelle heure il était,j'arrivais au bout de ce chemin,les pieds lourds.
Je ne te voyais plus.
Cette fois-ci,c'était pour toujours.
J'ouvre la porte de cette cabane.
Elle craque et me reste dans la main.
Je la balance en l'air en même temps que cette image de toi.
Je rentre à l'intérieur et ouvre ce coffret que je m'étais jurée de ne plus jamais ressortir.
Je l'avais juré,mais que à toi.
Mais tu n'es plus là.
Tu n'aimes plus mes ailes,je crois bien.
Je les coupe avec ce couteau.
Je crois que cette auréole te brûlait un peu le corps lorsque je te le donnais,entièrement.
Je la tranche.
Elle tombe au sol,ressemblant maintenant à un simple métal.
Tu n'aimes plus mon corps,tu ne le désires plus...
Je le coupe de partout,taillant ton nom un peu partout.
Je ressort,ma robe blanche en sang.
Quel intéret maintenant?
Tu ne me diras plus que je suis belle.
Je marche à nouveau sur le chemin de la maison.
Seulement,je marche seule.
Je n'ai plus ta main pour m'aider à marcher.
Je me sens bien seule,maintenant...
Mais,je pense que ça ne va plus durer bien longtemps,n'es ce pas?
Je voit maintenant toutes ces feuilles d'érables éparpillées au sol.
Je tente d'en prendre une.
J'écris ton nom dessus avec mon doigt,juste une dernière fois.
Es-ce toi que je vois,devant moi,ébahit?
Es-ce bien toi qui a prit ce couteau et qui est maintenant allongé à côté de moi,sur le chemin de la maison...?
Elise